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Une étude ambitieuse sur la dimension humaine du développement de l’économie collaborative sur un territoire.

//Une étude ambitieuse sur la dimension humaine du développement de l’économie collaborative sur un territoire.
2018/02/28|Categories: Non classifié(e)|

Comment se manifeste le développement de l’économie collaborative sur le territoire dijonnais ? Quelles sont les types d’initiatives qui se créent ? Que nous disent-elles des mutations du travail, de l’emploi et du développement des compétences ?

Pour répondre à ces questions ancrées dans l’actualité (cf. le rapport réalisé par OuiShare et Chronos ; ainsi que l’étude en cours sur le sujet des espaces collaboratifs de travail commandité par le CGET), le GIP Créativ 21 et l’agence Dijon Métropole développement en association avec France Cluster, la DIRECCTE et la Région Bourgogne-Franche-Comté ont commandité une étude ambitieuse réalisée et restituée le 16 janvier dernier par le cabinet AMNYOS.

Les résultats 

Après plus de 12 mois d’investigations terrains dans des tiers-lieux, des rencontres avec des acteurs associatifs, entrepreneuriaux, des porteurs de projets collaboratifs et des écoles, l’étude a permis de démontrer que le territoire dijonnais était bien un « terreau fertile pour le développement de l’économie collaborative » avec plus d’une centaine d’initiatives relevant :

  • de la consommation collaborative (supermarché collaboratif, mises en relations directes producteurs/ consommateurs via des plateformes locales comme Happy Bourgogne),
  • de l’innovation collaborative (dont les clusters, incubateurs et pépinières font partie ainsi que de nouveaux acteurs comme Mythmakers qui vient d’organiser tout un weekend dédié à la créativité et à l’innovation via un partage de compétences) ;
  • de la production collaborative (fablab comme Kelle Fabrik, espaces de coworking comme les docks numériques, projets de partage de matériels de production) ;
  • ou encore de financement collaboratif comme la plateforme de (crowdfunding Coccigo ou la monnaie locale La Chouette). Elle se concrétise par des initiatives locales portées par des communautés de citoyens et de bénévoles.

Plus qu’une source d’attractivité et de lien social pour le territoire, les projets de l’économie collaborative dijonnaise sont l’expérimentation concrète de mutations en cours sur le travail, l’emploi, le management et les compétences.

L’étude a permis d’analyser:

  • l’activité entrepreneuriale en acte et notamment l’étendue des compétences détenues par les porteurs de projets, les acteurs individuels et collectifs porteurs d’initiatives collaboratives : entre compétences communicationnelles, organisationnelles, juridiques, financières, managériales, les acteurs de l’économie collaborative déploient des compétences entrepreneuriales dont la conscientisation, la reconnaissance et la valorisation est un enjeu majeur (cf. travaux de France Stratégie sur les compétences transversales)
  • Des nouveaux types d’emploi tant dans la forme que dans le contenu : des emplois dont les statuts ne relèvent pas nécessairement du salariat (souvent faute de moyens ce qui pourrait avoir tendance à minimiser le potentiel d’emploi créé par les initiatives) mais qui se manifestent en termes d’activité développée (animation de communauté, organisation d’évènements, capitalisation de connaissances, création de lien social)
  • Des modèles organisationnels nouveaux plus horizontaux et participatifs avec une certaine plasticité : l’organisation du travail est en constante recomposition en fonction de la communauté et des contributions, les prises de décisions sont collectives et on valorise le débat et la diversité des points de vue ;
  • Des manières de développer et reconnaître les compétences des individus et des collectifs  nouvelles : les initiatives collaboratives sont l’occasion d’apprentissage via l’expérimentation, la mutualisation de connaissances, le faire ensemble. Le diplôme, l’expérience, le statut ne comptent pas tant que l’envie d’apprendre à apprendre.

Cependant cette dimension humaine de l’économie collaborative est peu « évidente »  déjà parce que les acteurs de l’économie collaborative ont peu conscience de la valeur ajoutée de leurs initiatives en termes d’activité, d’insertion, de développement des compétences ; mais aussi parce que les modèles économiques précaires de certaines initiatives n’aide pas à la capitalisation de ce qu’elles apportent au territoire en termes d’emploi, de travail, de compétences et de renouvellement des modèles d’organisation du travail.

L’étude conclut ainsi sur 5 pistes de travail pour que le bassin dijonnais se saisisse et soutienne les opportunités que représente le développement d’une économie collaborative créative et créatrice de lien social sur son territoire :

  • Renforcer et animer le réseau local de l’économie collaborative
  • Proposer un lieu « totem » de l’économie collaborative et le faire vivre collectivement
  • Appuyer le financement des structures et initiatives de l’économie collaborative, aux différents stades de maturité des projets, de façon à stabiliser leur modèle économique
  • Mettre en place un accompagnement spécifique de ces nouvelles structures sur les différentes dimensions RH et les appuyer pour développer de l’emploi pérenne
  • Expérimenter des nouvelles formes d’accès à ces activités pour différents publics notamment publics en difficulté sociales, économiques…

Extrait du rapport final réalisé par le cabinet AMNYOS Consultants. 

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