Fondé en 2013 pour fédérer les professionnels de la longévité, le groupement Silver Valley est aux premières loges pour analyser les poches de développement ayant émergé lors de la crise.

Créé par Silver Valley, l'Observatoire de la société de la longévité compte 9.000 seniors bénévoles impliqués dans le processus d'innovation.

Créé par Silver Valley, l’Observatoire de la société de la longévité compte 9.000 seniors bénévoles impliqués dans le processus d’innovation. (Silver Valley)

Suzie, soixante-dix-huit ans, fait partie des 9.000 seniors bénévoles engagés au sein de l’Observatoire de la société de la longévité, sorte de laboratoire créé par le réseau Silver Valley en vue de convier les usagers au coeur du processus d’innovation. A l’occasion de la crise du Covid-19, cette « non digital native » s’est approprié les outils numériques – tablettes, réseaux sociaux, jeux cognitifs en ligne… – afin de rester connectée à ses proches et au monde. « Maintenant, je comprends mieux pourquoi mon petit-fils est rivé à son portable : quand on a commencé, on ne peut plus s’arrêter », lance-t-elle, définitivement convertie à cette manne d’opportunités « pour communiquer, s’informer, s’instruire… ».

« Ce témoignage illustre une rupture historique : avec la pandémie, le numérique a pénétré de nouvelles couches de la société et nombre de stéréotypes sont tombés, notamment concernant l’opposition supposée entre grand âge et technologie », observe Nicolas Menet(*), directeur général du groupement d’entreprises Silver Valley, qui pointe toutefois la nécessité d’un numérique inclusif, notamment en faveur des moins favorisés. Reste qu’il est persuadé « que nous avons mis le doigt dans l’engrenage et qu’un boulevard s’est ouvert ».

Déclic digital

Outre ce déclic digital, l’argent public est de plus en plus fléché vers cette filière et certains parlent même d’une « économie planifiée ». « La démographie étant l’une des sciences humaines les plus précises, nous connaîtrons chaque année le nombre de personnes possiblement fragilisées par la montée en âge. Cette vision claire va permettre à pléthore de start-up de prendre leur envol », dit-il. Selon lui, parmi les principales « poches de développement » confirmées ces derniers mois, l’adaptation de l’habitat tient le haut du pavé.

« A l’heure où près de 90 % des seniors souhaitent vieillir à la maison, les start-up, PME et groupes spécialisés dans l’aménagement croulent sous les demandes, tout comme les professionnels des services à domicile », précise Nicolas Menet. En écho à ce besoin d’autonomie assistée, plusieurs sujets connexes sont explorés, à l’instar des programmes d’alimentation personnalisés pour seniors, un business à l’étude chez des jeunes pousses, mais également chez des laboratoires pharmaceutiques et des industriels de l’agroalimentaire.

Approche sociale

Autre enseignement de la crise, la montée en compétences des collaborateurs suscite elle aussi des opportunités. « La formation a le vent en poupe, comme en témoigne le rachat, par des fonds d’investissement, d’écoles et d’organismes », pointe Nicolas Menet, rappelant que l’épidémie de coronavirus a mis en exergue le manque de personnels qualifiés, aussi bien dans les métiers du médico-social et de l’aide à domicile, que du côté des conseillers, consultants et autres coachs spécialisés en sortie de la vie active, en accompagnement psychologique, etc.

Outre son potentiel économique, la silver économie semble également attractive auprès des porteurs de projets du fait de son approche sociale. « Dès le premier confinement, des dizaines de start-up de Silver Valley ont gratuitement mis leur solution à la disposition du bien-être des aînés », note Nicolas Menet, évoquant une dynamique globale de « tech for good » .

Il apparaît donc que cette niche s’est muée en un environnement structuré et foisonnant d’innovations de tout ordre… Par exemple avec, ici, la plateforme Neosilver qui connecte les retraités à des salles de sport. Là, la start-up HappyVisio qui réinvente les loisirs et conférences en ligne au profit des aînés. Ou encore la PME Indépendance Royale qui truste les podiums de champions de la croissance grâce à ses solutions d’équipement de la maison pour l’allongement de la vie. Et Nicolas Menet de conclure que « la silver économie fait, plus que jamais, figure de filière d’avenir ».

Auteur de « Construire la société de la longévité. Une opportunité pour le futur ? » (Eyrolles), Nicolas Menet a également dirigé la rédaction de l’ouvrage « Le Grand Livre de la longévité » (Eyrolles).

Source : https://www.lesechos.fr/thema/silver-economie-2021/la-silver-economie-une-filiere-de-la-relance-en-france-1307001
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