Pôle de compétitivité mondial créé par l’État en 2007, Finance Innovation représente aujourd’hui 600 acteurs de l’innovation financière. Axant son travail sur la transformation digitale et le futur de l’industrie financière française, il accélère la croissance de fintech, insurtech et acteurs du secteur financier. Maximilien Nayaradou, directeur général du pôle de compétitivité mondial depuis un peu plus d’un an en détaille les défis et les engagements.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter le rôle du pôle compétitivité de Finance Innovation ? 

Maximilien Nayaradou. Tout d’abord, Finance Innovation est le cluster de la finance et de la fintech, il est né en 2007 de la politique publique des pôles de compétitivité visant à promouvoir l’émergence de projets collaboratifs innovants. Celui-ci réunit de grands groupes du secteur tels que les banques, assurances ou sociétés de gestion d’actifs en vue de leur digitalisation. Cela nous donne une vision très large de la finance avec des corporates de toutes tailles, les TPE-PME de la finance qu’on appelle aujourd’hui les fintechs ainsi que des académiques.

À sa création, le but était de donner des subventions, en partie publiques, aux pôles mais également aux projets en eux-mêmes. Au cours de ces quatorze années, pas moins de 50 opérations ont ainsi été soutenues par le financement public – pour des projets collaboratifs ou avec des consortiums. De même, nous avons également travaillé sur de nombreuses labellisations (près de 600) de projets individuels de fintechs avec des fonds privés ou pour aider des fintechs à trouver leur premier client B to B.

Sur les projets individuels de start-up, ce que nous voulons permettre avec le label c’est de trouver non seulement des clients mais également des investisseurs privés ou des financement publics. Nous réalisons notamment des « speed meetings » avec les différents acteurs et les accompagnons également dans les recherches de talents. Enfin, nous cherchons à sensibiliser l’écosystème au fait que l’innovation est présente au sein de la finance, afin de la rendre plus attractive.

Vous êtes à la tête de ce pôle depuis un an, quels ont été vos plus grands défis ? 

À ma nomination en juillet 2020, en plein Covid et post confinement, la période était délicate et il fallait fidéliser nos membres à distance. Nous avions beaucoup de contacts physiques par les rencontres, les événements et il nous a été nécessaire de réaliser une digitalisation rapide de nos processus. Nous avons mené à bien plus de 60 webinars entre janvier 2021 et aujourd’hui afin de rassembler les décideurs de l’innovation.

Le plus grand de défi a été de traverser la crise du Covid sans augmenter le taux de défection, qui est d’environ 10 % chaque année. Un objectif que nous avons réussi à maintenir et qui peut s’expliquer car, pour nos membres, la Covid a aussi été une opportunité. Pour deux tiers d’entre eux, cela a été assez bénéfique pour développer leur activité, pour d’autres, avec des contrats longs notamment, il y a eu, certes, du retard pris mais peu d’arrêt complet. Il y avait du travail et une volonté pour les membres de continuer à faire du business et participer à l’écosystème financier.

« L’innovation est présente au sein de la finance »

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